
Après plusieurs années dans le recrutement de cadres et dirigeants, nous avons fini par constater une chose :
Beaucoup de frustrations viennent moins du recrutement lui-même que des attentes que chacun se fait sur la manière de communiquer.
Et ces attentes ne sont pas les mêmes selon que l’on est candidat, cadre approché ou recruteur.
Voici quelques conseil pour bien communiquer avec un chasseur de tête.
A/ Vous êtes candidat à une opportunité
Vous avez postulé à une offre ou accepté d’entrer dans un processus de recrutement.
Dans ce cas, quelques principes nous semblent essentiels :
✅ Répondre aux sollicitations dans des délais raisonnables.
✅ Être transparent sur vos motivations, vos contraintes et votre niveau d’intérêt.
✅ Prévenir lorsque vous décidez d’interrompre le processus.
✅ Informer le recruteur si vous avancez parallèlement sur d’autres opportunités.
✅ Respecter les rendez-vous convenus.
Cela peut paraître évident, mais les disparitions en cours de processus, les annulations de dernière minute ou les refus communiqués après plusieurs relances restent des situations fréquentes.
Le recrutement n’est pas une relation d’exclusivité. En revanche, il repose sur un minimum de réciprocité et de respect du temps investi par chacun.
B/ Vous êtes en poste et un chasseur de tête vous contacte
La situation est très différente.
Vous n’avez pas postulé.
Vous n’avez pas engagé de démarche.
Vous êtes contacté alors que vous êtes en activité, sans intention explicite de mobilité.
Dans ce cas :
✔️ Vous pouvez ne pas répondre
✔️ Vous pouvez décliner poliment
✔️ Vous pouvez différer la discussion
✔️ Vous pouvez accepter un échange exploratoire
Et c’est parfaitement légitime.
Il n’y a aucune obligation d’entrer dans un processus.
Bien sûr, une réponse courtoise est toujours appréciée.
C/ Il existe une posture, souvent oubliée : le cadre en poste qui accepte les échanges… sans être en recherche
C’est probablement la situation que nous rencontrons le plus souvent.
Des dirigeants qui nous disent :
« Je ne cherche rien aujourd’hui. Mais je veux bien comprendre ce qui se passe sur le marché. »
Ce ne sont pas des candidats.
Ce ne sont pas non plus des personnes fermées à toute discussion.
Ils sont dans cette zone intermédiaire où l’on échange davantage sur une trajectoire de carrière que sur un poste précis.
Il peut être utile de :
✔️ 1. Clarifier son niveau d’ouverture
- “Je ne suis pas en recherche active”
- “Je suis ouvert à échanger mais sans projet immédiat”
- “Je reste en veille sur le marché”
Cela évite les malentendus et permet au recruteur d’adapter son approche.
✔️ 2. Être transparent sur ce qui pourrait vous faire bouger (ou pas)
Sans se projeter dans un processus, indiquer ce qui est satisfaisant aujourd’hui, ce qui pourrait faire évoluer la réflexion, et ce qui est exclu.
Cela permet un échange utile, et non un simple “screening déguisé”.
✔️ 3. Accepter une logique de suivi… sans engagement
Dans ce contexte, un recruteur ne cherche pas forcément à vous “convertir” immédiatement.
Il peut simplement :
- comprendre votre trajectoire
- vous identifier pour des opportunités futures
- maintenir un contact dans la durée
De votre côté, répondre à un message de suivi, même négatif, reste un signe de professionnalisme apprécié.
D/ Et les recruteurs dans tout ça ?
Soyons également lucides sur notre propre métier.
Les cabinets demandent souvent aux candidats de répondre rapidement, d’être transparents et de tenir leurs engagements.
Il est donc normal que les candidats attendent la même chose de nous.
Et sur ce point, nous ne sommes pas toujours irréprochables (absence de retour, manque de suivi ou de réactivité, communication interrompue en cours de process).
Mais il faut aussi rappeler une réalité :
Un cabinet dépend aussi de ses clients : une décision peut être reportée, un poste peut être gelé, une organisation peut être modifiée, une mission peut être suspendue du jour au lendemain.
Cela n’excuse pas le silence, mais cela explique une partie des ruptures de communication.
Et surtout, cela renforce une obligation simple :
👉 dire ce que l’on sait
👉 dire ce que l’on ne sait pas encore
👉 et dire quand on n’a pas de visibilité
Au fond, la règle est peut-être assez simple
Les devoirs ne sont pas identiques pour tout le monde.
✅ Un candidat engagé dans un processus a une responsabilité de communication vis-à-vis du recruteur.
✅ Le cadre en poste est libre d’accepter ou non les échanges, mais gagne à clarifier sa posture
✅ Un recruteur, qu’il travaille en cabinet ou en entreprise, a la responsabilité de communiquer avec honnêteté sur ce qu’il sait… et sur ce qu’il ne sait pas encore.
Le recrutement restera toujours une activité faite d’incertitudes.
Mais la qualité de la communication reste, elle, un choix.
Selon vous, quelle est aujourd’hui la critique la plus justifiée dans le recrutement : les candidats qui disparaissent, les recruteurs qui ne répondent pas, ou les entreprises qui tardent à décider ?
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